Pour aller plus loin : Les français et le don d’organes

 

En 2006, l’Agence de la biomédecine a mené deux études pour comprendre les attitudes et perceptions des Français sur le don Don Quand on parle de don d’organes ou de tissus, on fait référence à la volonté de la personne qui va être prélevée. Quand on parle de prélèvement, on fait référence à l’acte médical qui est rendu possible par le don. En France, le prélèvement ne peut pas se faire sur une personne qui était contre le don. d’organes. Une étude auprès des adultes, l’autre auprès des 16-25 ans.

Elles montrent que le don d’organes est devenu un sujet assimilé par les Français, qui se montrent néanmoins demandeurs d’informations, en particulier les jeunes.

Une adhésion massive au principe du don en vue de greffe Greffe La greffe est le remplacement, au moyen d’un acte chirurgical, d’un élément du corps humain qui ne fonctionne plus par un élément du corps humain qui fonctionne correctement. Cette technique envisagée par les médecins lorsque plus aucun autre traitement ne marche. s’exprime mais rencontre des obstacles de nature diverse lorsqu’il s’agit d’initier un dialogue sur le sujet ou de transmettre sa position personnelle à ses proches.

L’étude auprès des adultes : parler du don d’organes, un passage à l’acte difficile

L’étude conduite en septembre 2006 a cherché à analyser le processus de prise de position sur le don d’organes et éclairer les circuits par lesquels un individu transmet sa position à ses proches. Un constat s’impose à la lecture des résultats. Le rôle de l’échange avec autrui est primordial, à deux niveaux : à la fois pour se décider sur sa position et aussi pour exprimer sa décision. Or cet échange est difficile, ce qui explique le décalage frappant entre l’opinion favorable de la majorité de la population et la difficulté de transformer cette opinion en position ferme, que l’on exprime auprès de ses proches.

70 % des Français ont déjà pensé au don d’organes : le sujet fait désormais partie de leurs préoccupations de santé. Ils y adhèrent par ailleurs massivement : 85 % y sont favorables. Pourtant, le chemin qui mène à se forger sa position est difficile, car 39 % seulement de la population a pris position sur le don d’organes. La réflexion semble un élément important de la décision : la moitié des Français pense que si l’on n’a pas pris position c’est que l’on n’y a pas encore réfléchi. Dans ce cadre, on constate que les personnes qui ont le plus facilement fait aboutir leur réflexion sont celles qui ont discuté du sujet avec leur entourage pour confronter leurs idées. Or 48 % des sondés seulement en ont discuté, surtout avec des amis, et un tiers attend « la bonne occasion ». Pourquoi un tel attentisme ? Le niveau de connaissances sur le sujet est disparate  : cela peut susciter des réticences à aborder un sujet que l’on maîtrise mal, notamment dans ses aspects complexes (la mort Mort La mort correspond à la destruction totale et irréversible des fonctions de l’encéphale, à savoir l’ensemble formé par le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral.
Le constat de mort repose sur trois observations cliniques : l’absence totale de conscience et de mouvements, la disparition totale des réflexes du tronc cérébral, l’absence de respiration spontanée.
encéphalique, la législation…). Par ailleurs, certaines croyances liées à l’imaginaire du corps sont très fortes  : 45 % des Français pensent que le corps risque d’être mutilé.

Un autre défi attend celui qui a pris sa décision sur le don de ses organes après son décès : le dire à ses proches. 45 % de la population estiment difficile de faire connaître sa position alors que 91 % trouvent que c’est important. Et ça l’est d’autant plus que 85 % jugent traumatisant de prendre une décision à la place d’un proche décédé. Au total, 41 % des sondés ont fait connaître leur position, surtout pour qu’on respecte leur volonté et pour épargner une décision difficile à leurs proches. Pour les 59 % qui ne l’ont pas fait, l’attente de la « bonne occasion » est un argument majeur, de même que la réticence à parler de la mort, un sujet qui reste un tabou.

L’étude auprès des jeunes : un sujet d’utilité sociale qu’ils veulent mieux connaître

Quelle perception les jeunes ont du don d’organes ? L’étude menée à l’automne 2006 auprès des 16-25 ans a tenté de saisir les éléments structurants de leur opinion sur le sujet. Il apparaît que c’est un thème auquel ils adhèrent spontanément, notamment parce qu’ils conçoivent le sujet en termes d’utilité sociale. Mais ils le connaissent mal et pour développer leur capacité à en parler, ils souhaitent être mieux informés. 84% des jeunes sont favorables au don d’organes et 70 % sont d’accord pour que l’on prenne leurs organes en cas de décès. Si 96 % ont entendu parler du sujet, ils ne semblent pas en avoir une connaissance toujours précise au-delà de sa simple définition. Comment cela se passe, dans quel cas prélève-t-on… sont des données pas toujours bien appréhendées.

Comment les jeunes construisent-ils une opinion favorable sur le don d’organes ? Ils développent une approche « éthique » du sujet, à trois niveaux. D’abord au travers du respect du corps : 75 % des 16-25 ans jugent important de préserver l’apparence du corps. Ils établissent de ce fait une hiérarchie claire des organes : ce qui se voit (peau, yeux) est plus difficilement prélevable. Par ailleurs, le don d’organes a une utilité sociale : 95 % estiment que le don d’organes est un acte généreux et utile. Les jeunes enfin expriment leur confiance dans le système en place et dans sa gestion à 77 %.

42 % des jeunes considèrent que c’est un thème difficile à aborder dans une discussion, et qu’ils l’aborderaient mieux avec une personne du même âge, des interlocuteurs à l’esprit ouvert ou des professionnels de santé. Cela apparaît plus difficile avec la famille. En pratique, 65 % en ont déjà parlé à leurs amis surtout à l’occasion d’un élément déclencheur (les médias, une discussion en milieu scolaire). Les jeunes attendent des informations précises, pédagogiques : qu’on les fasse réfléchir (97 %) et qu’on leur explique comment se passent le prélèvement et la greffe (92 %), en passant de préférence par un intervenant en milieu scolaire ou le médecin.

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Date de mise à jour : 30/05/2011