Qui peut donner un rein de son vivant ?

Première condition : le lien familial ou affectif

Une personne majeure vivante, volontaire et en bonne santé peut donc donner un rein dans les conditions définies par la loi. Pour répondre aux attentes des patients et de leurs familles et favoriser ce type de greffe, la loi de bioéthique du 7 juillet 2011 a élargi le cercle des donneurs vivants d’organes qui peuvent être le père ou la mère et, par dérogation, un fils ou une fille, un frère ou une sœur du receveur, son conjoint, ses grands-parents, oncles ou tantes, cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint du père et de la mère. Le donneur peut également être toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur ainsi que toute personne pouvant apporter la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur.

Deuxième condition : la compatibilité

Comme n’importe quelle greffe, il faut que le donneur et le receveur soient les plus compatibles possible : groupe sanguin, proximité des systèmes HLA… C’est d’ailleurs pourquoi ce sont les membres de la famille très proche, génétiquement très semblables, qui ont le plus de possibilités de don.

En cas d’incompatibilté entre le malade et le candidat au don, la loi révisée en juillet 2011 permet désormais de procéder à un don croisé : le receveur (receveur 1 ) bénéficie du don d’une autre personne (donneur 2 ) également en situation d’incompatibilité avec son receveur (receveur 2 ) qui lui bénéficie du don du premier donneur (donneur 1 ). Les deux opérations chirurgicales sont alors engagées simultanément, tout en respectant l’anonymat. 

Troisième condition : l’état de santé du donneur

Les conditions médicales à réunir sont très strictes. Le candidat au don fait l’objet d’un bilan médical complet comportant des examens cliniques, radiologiques et biologiques. On vérifie notamment s’il peut subir une intervention chirurgicale sans risque et s’il n’est pas porteur de certaines maladies transmissibles.

Quatrième condition : la liberté du choix

Pour donner un rein ou une partie de son foie de son vivant, il ne suffit pas d’être volontaire et de répondre aux conditions exposées ci-dessus. Il faut aussi suivre un processus au cours duquel le donneur candidat reçoit une information éclairée et transparente l’aidant à prendre sa décision en toute connaissance. Par ailleurs, il est reçu par un comité appelé « comité donneur vivant » composé de cinq membres nommés par arrêté ministériel : trois médecins, une personne qualifiée en sciences humaines et sociales et un psychologue. 

Il est chargé de vérifier que le donneur a bien compris les enjeux et les risques éventuels de l’opération, qu’il n’a pas subi de pression psychologique ou financière de l’entourage et qu’il est bien libre de son choix. Le donneur pressenti doit exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance ou le magistrat désigné par lui. Jusqu’à l’opération, il peut revenir sur sa décision à tout moment.

Article mis à jour le 10 octobre 2013
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